Ce que vous allez apprendre
- Expliquer ce qu'est le DNS et le rôle de chacun : bureau d'enregistrement, hébergeur, messagerie.
- Lire les principaux enregistrements : A, AAAA, CNAME, MX, NS et TXT.
- Vérifier que vos e-mails sont protégés par le SPF et le DMARC.
- Comprendre le TTL et la propagation pour réussir un changement d'hébergeur.
Module 1
Comprendre le DNS en 5 minutes
L'annuaire d'Internet
Sur Internet, chaque serveur se joint grâce à une adresse IP, une suite de chiffres comme 203.0.113.10. Personne ne retient ces chiffres : nous tapons des noms, comme exemple.fr.
Le DNS (Domain Name System, le système des noms de domaine) fait le lien entre les deux. C'est l'annuaire d'Internet : vous cherchez un nom, il vous donne le numéro. Chaque fois que vous ouvrez un site ou envoyez un e-mail, votre appareil pose discrètement la question à un résolveur, en général celui de votre box ou de votre opérateur. Celui-ci interroge les serveurs responsables du domaine, puis garde la réponse en mémoire pendant un certain temps.
Tout cela prend quelques millisecondes. Mais si l'annuaire contient une erreur, votre site devient introuvable ou vos e-mails se perdent, même si le site et la messagerie fonctionnent parfaitement.
Domaine, DNS, hébergeur : qui fait quoi ?
Beaucoup de petites structures confondent trois services, qui peuvent se trouver chez trois entreprises différentes.
- Le bureau d'enregistrement vous loue le nom de domaine, par exemple
gite-trois-epis.fr, année après année. OVHcloud, Gandi, IONOS ou Hostinger font partie de ces bureaux. - Le gestionnaire DNS tient la « zone », la fiche de réglages du domaine, sur ses serveurs NS. C'est souvent le bureau d'enregistrement lui-même.
- L'hébergeur du site et le fournisseur de messagerie font tourner le site web et les boîtes e-mail. La zone DNS indique seulement où ils se trouvent.
Exemple : un domaine loué chez Gandi, un site hébergé chez o2switch et des e-mails chez Google. Changer d'hébergeur ne change pas le nom de domaine : il suffit de modifier la zone DNS pour pointer vers le nouveau serveur.
Les enregistrements à connaître
La zone DNS est une liste de lignes appelées enregistrements. Chacune a un type :
- A : l'adresse IPv4 du serveur du site. AAAA : la même chose en IPv6, le format d'adresse plus récent.
- CNAME : un alias.
www.exemple.frrenvoie par exemple versexemple.fr, ou vers le nom d'une plateforme comme Wix ou Shopify. - MX : les serveurs qui reçoivent les e-mails du domaine, avec une priorité (le plus petit chiffre est essayé en premier).
- NS : les serveurs qui détiennent la zone elle-même.
- TXT : des textes libres, pour prouver que vous possédez le domaine (Google, Microsoft) ou pour protéger vos e-mails (SPF, DMARC).
Pour un site vitrine avec messagerie, une dizaine de lignes suffisent souvent. Mais une seule ligne MX erronée, et plus aucun e-mail n'arrive.
SPF et DMARC : protéger vos e-mails
N'importe qui peut écrire un e-mail en affichant votre adresse comme expéditeur. Deux enregistrements TXT limitent ces usurpations.
- Le SPF publie la liste des serveurs autorisés à envoyer des e-mails pour votre domaine. Il commence par
v=spf1, par exemplev=spf1 include:_spf.google.com ~all. Un seul SPF par domaine : s'il y en a deux, le contrôle échoue. - Le DMARC, placé sur le nom
_dmarc.exemple.fr, dit aux messageries quoi faire d'un e-mail qui échoue aux contrôles :p=none(observer seulement),p=quarantine(mettre en indésirables) oup=reject(refuser).
Un troisième réglage, le DKIM, signe chaque e-mail : votre fournisseur de messagerie vous en donne la valeur. Depuis 2024, Gmail et Yahoo, puis Microsoft, exigent ces protections des gros expéditeurs, et les e-mails mal configurés finissent plus souvent en indésirables. Commencez par p=none, vérifiez que vos vrais envois passent, puis passez à quarantine.
TTL et propagation : pourquoi il faut patienter
Pour aller vite, les résolveurs gardent chaque réponse en mémoire. Combien de temps ? C'est le TTL (Time To Live, durée de vie), indiqué en secondes sur chaque enregistrement : 3600 correspond à une heure, 86400 à un jour.
Conséquence : quand vous modifiez une ligne, les résolveurs qui ont encore l'ancienne réponse continuent de la donner jusqu'à la fin de son TTL. C'est ce qu'on appelle la propagation. Selon les réglages, elle prend de quelques minutes à 48 heures. Pendant ce temps, certains visiteurs voient l'ancien site, d'autres le nouveau.
Le bon réflexe avant un déménagement de site : baissez le TTL à 300 secondes (5 minutes) un ou deux jours avant, faites le changement, vérifiez, puis remontez le TTL. Et ne résiliez pas l'ancien hébergement le jour même : gardez-le au moins une semaine.
À retenirLe DNS est l'annuaire qui dit où se trouvent votre site (A, CNAME) et vos e-mails (MX). Chaque changement met du temps à se diffuser (TTL), et le SPF et le DMARC protègent votre nom contre les faux e-mails.
Les mots à connaître
- Nom de domaine
- L'adresse lisible d'un site ou d'une messagerie, comme exemple.fr. Il se loue à l'année auprès d'un bureau d'enregistrement.
- Adresse IP
- Le numéro d'un appareil ou d'un serveur sur Internet, par exemple 203.0.113.10 en IPv4. L'IPv6 utilise des adresses plus longues.
- Bureau d'enregistrement
- L'entreprise auprès de laquelle vous louez votre nom de domaine, appelée registrar en anglais.
- Zone DNS
- L'ensemble des réglages d'un domaine : la liste de ses enregistrements, tenue par les serveurs NS.
- Résolveur
- Le serveur qui cherche les réponses DNS pour votre appareil et les garde en mémoire. C'est souvent celui de votre box, ou un service public comme 1.1.1.1.
- TTL
- La durée, en secondes, pendant laquelle une réponse DNS peut être gardée en mémoire avant d'être redemandée.
- Usurpation
- Le fait d'envoyer un e-mail en se faisant passer pour quelqu'un d'autre, par exemple pour une fausse facture. Le SPF et le DMARC la rendent plus difficile.
Module 2
Vérifier un domaine pas à pas
Saisissez le nom du domaine
- Ouvrez la recherche DNS.
- Dans le champ, tapez le nom du domaine, par exemple
exemple.fr. - Vous pouvez aussi coller l'adresse complète d'un site, ou même une adresse e-mail : l'outil en garde le nom de domaine.
- Appuyez sur « Rechercher ».
- Pour essayer, touchez un des exemples proposés sous le champ :
ressources.online,gmail.comou l'adresse IP8.8.8.8.

Capture d'écran : Recherche DNS AstuceTapez le domaine sans « www » pour voir la messagerie : les lignes MX sont réglées sur le domaine seul.
Lisez le résumé en clair
Le résultat commence par un résumé ligne par ligne, avec une coche verte quand tout va bien et un triangle quand un réglage manque :
- « Le site web répond à l'adresse… » : l'adresse IP du site, et le serveur, souvent celui de l'hébergeur ;
- « Les e-mails sont reçus par… » : le fournisseur de messagerie, par exemple Google, Microsoft ou OVHcloud ;
- « Les réglages DNS sont gérés chez… » : l'entreprise qui tient la zone DNS ;
- « SPF présent » ou « Pas de SPF », puis l'état du DMARC.

Capture d'écran : Recherche DNS AstuceVous pouvez aussi taper une adresse IP : l'outil retrouve le nom qui lui est associé, s'il en existe un.
Vérifiez la protection des e-mails
- Regardez les dernières lignes du résumé.
- « DMARC actif (p=quarantine) » ou « (p=reject) » : les faux e-mails envoyés en votre nom sont mis en indésirables ou refusés.
- « DMARC en simple observation (p=none) » : le réglage existe, mais il ne bloque rien.
- « Pas de SPF » ou « Pas de DMARC » : c'est à corriger dès que le domaine envoie des e-mails.
- Ces réglages s'ajoutent dans la zone DNS, chez l'entreprise indiquée par la ligne « Les réglages DNS sont gérés chez… ».
- Votre fournisseur de messagerie vous donne la valeur exacte du SPF à recopier.
AstuceL'outil ne vérifie pas le DKIM, car son nom dépend de chaque fournisseur : demandez au vôtre de confirmer qu'il est activé.
Contrôlez la diffusion des réglages
- Quand le domaine a un site, la rubrique « Les réglages sont-ils bien diffusés ? » compare la réponse de notre serveur avec celles de grands résolveurs publics : Google (8.8.8.8), Cloudflare (1.1.1.1) et AdGuard DNS.
- Si tous donnent la même adresse, le changement est bien diffusé.
- Si certains ne connaissent pas encore le nom, un changement récent est en cours de diffusion.
- Des adresses différentes ne sont pas forcément un problème : les grands sites et beaucoup d'hébergeurs répartissent leurs visiteurs sur plusieurs serveurs.
Consultez le détail technique et partagez
- « Le détail technique » liste tous les enregistrements trouvés, avec leur Type, leur Valeur et leur Durée : c'est le TTL, affiché en secondes, minutes, heures ou jours.
- Vous y voyez par exemple la priorité des MX ou le texte complet du SPF et du DMARC.
- Le bouton « Copier le lien de ce résultat » copie une adresse qui relance la même recherche.
- Envoyez-la à votre prestataire ou à votre hébergeur : il verra exactement la même chose que vous.
AstuceAprès une modification, relancez la recherche de temps en temps : la durée affichée vous dit combien de temps l'ancienne valeur peut encore circuler.
C'est fait : à vous de jouer.
Module 3
Trois situations de la vie courante
Le site a disparu après un changement d'hébergeur
L'association Les Jardins de Clara vient de changer d'hébergeur. Depuis, certains membres voient l'ancien site, d'autres une page d'erreur. Le trésorier cherche jardins-clara.fr, puis www.jardins-clara.fr : le premier pointe vers le nouveau serveur, le second encore vers l'ancien. Il corrige la ligne www dans la zone DNS, puis suit la rubrique « Les réglages sont-ils bien diffusés ? » jusqu'à ce que tous les serveurs donnent la même réponse. L'ancien hébergement reste actif une semaine de plus, par prudence.
Les devis du gîte arrivent en indésirables
Le Gîte des Trois Épis envoie ses devis depuis contact@gite-trois-epis.fr, mais plusieurs clients les trouvent dans leurs indésirables. La recherche affiche « Pas de SPF » et « Pas de DMARC ». La propriétaire demande à son fournisseur de messagerie la ligne SPF à ajouter, active la signature DKIM qu'il propose, puis publie un DMARC en p=none. Trois semaines plus tard, ses vrais envois passent tous : elle passe le DMARC en p=quarantine. Pour repérer les faux e-mails qui imitent une marque, voyez aussi l'outil « Ce lien est-il une arnaque ? ».
Un nom de domaine tout juste acheté
Une boulangerie vient de louer boulangerie-exemple.fr. Le soir même, la recherche répond « Ce nom de domaine n'existe pas, ou il n'a aucun réglage DNS ». Pas d'inquiétude : un domaine tout neuf peut mettre quelques heures à apparaître. Le lendemain, la ligne « Les réglages DNS sont gérés chez… » s'affiche, mais aussi « Aucun site web n'est déclaré pour ce nom ». Il reste à ajouter l'enregistrement A fourni par l'hébergeur. Une fois le site en ligne, son diagnostic complet vérifie qu'il est sûr et bien présenté dans Google.
Les erreurs à éviter
- Résilier l'ancien hébergement le jour du changement : gardez-le au moins une semaine, le temps que la propagation se termine.
- Publier deux enregistrements SPF : il n'en faut qu'un seul, qui regroupe tous vos services d'envoi.
- Supprimer ou modifier les lignes MX en réglant le site : c'est la cause la plus fréquente d'e-mails qui n'arrivent plus.
- Passer le DMARC directement en p=reject sans avoir déclaré tous vos outils d'envoi (site, lettre d'information, facturation).
- S'inquiéter au bout d'une heure : selon le TTL, un changement peut mettre jusqu'à 48 heures à se diffuser partout.
L'essentiel
- Le DNS traduit les noms de domaine en adresses et indique où livrer les e-mails.
- A et CNAME mènent au site, MX à la messagerie, NS au gestionnaire de la zone, TXT aux vérifications.
- SPF et DMARC protègent votre nom contre les faux e-mails et aident vos vrais e-mails à arriver.
- Baissez le TTL avant un déménagement et gardez l'ancien hébergement le temps de la propagation.
Testez-vous
Trois ou quatre questions pour vérifier que tout est clair.